Aperçu du programme Université marxiste été 2018

 Université Marxiste d’été 2018

du mardi 7 au dimanche 12 août

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D’autres cours et leur descriptifs seront ajoutés dans les jours et les semaines qui viennent. Revenez régulièrement voir cette page. Mais vous pouvez dès maintenant vous inscrire : formulaire d’inscription.

Des cours sur Marx et le marxisme…

Marx pour débutants — Fayçal Blidi/ du 7 au 9 août

Le marxisme est une théorie qui nous aide à comprendre la société injuste dans laquelle nous vivons. Mais au fait, avons-nous besoin d’une théorie pour changer le monde ? L’action ne suffit-elle pas ? Lors de n’importe quelle discussion pour convaincre qu’il faut lutter, on peut entendre des excuses du genre « manifester ça sert à rien », « les gens sont égoïstes », « ce sont les patrons qui donnent du travail », etc. Tout le monde a dans la tête des idées sur comment fonctionne la société et comment l’améliorer. Ces idées, qu’on le veuille ou non, sont influencées par le discours des médias, par Internet, par l’école, par les partis politiques, etc. Or, on ne peut se battre de manière efficace pour changer la société sans savoir ce qui est faux dans tous ces préjugés.

Avec des lunettes marxistes, on regarde la société autrement et on comprend comment agir. Là où les grands médias ne voient que des problèmes communautaires, le marxiste verra des travailleurs et des patrons. Contre le défaitisme, le marxiste tirera toujours des leçons qui renforcent la lutte des travailleurs.Ce cours d’introduction au marxisme est ouvert à tous. Seule compte la motivation pour comprendre le monde et le changer. Il sera ludique : nous utiliserons des vidéos, des bandes dessinées, des tableaux, etc.

Au programme de la formation, il y aura :

  • Une introduction sur ce qu’est la philosophie, l’idéalisme et le matérialisme.
  • La dialectique et la logique formelle.
  • L’histoire des modes de production, de l’État et des classes sociales.
  • L’économie politique du capitalisme : la loi de la valeur et la plus-value.
  • Le socialisme.

Fayçal Blidi est licencié en sciences économiques.

Le capitalisme selon Marx — Nabil Boukili / du 7 au 9 août

La crise actuelle, commencée en 2007 et généralisée avec la faillite de la banque Lehman Brothers en septembre 2008 est la plus grave, la plus longue depuis les années 30.

On l’a présentée comme une question de mauvaise gestion et de cupidité des dirigeants des grandes banques. Mais ne faudrait-il pas aller plus loin et se demander si ce n’est pas le système capitaliste lui-même qui est en faillite ?

Vous voulez savoir pourquoi il y a des crises, du chômage, des délocalisations, ce qu’on veut dire par compétitivité, pourquoi certains deviennent riches alors que vous qui avez trimé toute votre vie vous n’avez droit qu’à une petite pension ? Vous remettez en question le discours qui prétend que les salariés ont, comme les patrons, tout intérêt à améliorer la compétitivité de leur entreprise ? Vous vous demandez si oui ou non les crises économiques sont la preuve que le capitalisme est dépassé ? Bref, vous voulez comprendre comment fonctionne le capitalisme ? Alors vous devez participer à ce cours d’introduction aux mécanismes économiques. Les thèmes suivants y seront étudiés :

  • La marchandise et la valeur
  • La plus-value et l’exploitation
  • Les prix et le profit
  • Les crises

Nabil Boukili est un administrateur de l’université marxiste, spécialisé dans les questions économiques.

Le monde, malade de la finance ? — Henri Houben / 10 août

Aujourd’hui, la finance est partout. Elle domine tout. Si bien que, face à ces géants de la banque, des assurances, du crédit, des affaires, on se demande comme simple citoyen si on n’est pas tout simplement impuissant. Mais, pour lutter efficacement, il faut d’abord comprendre la nature de ce pouvoir envahissant. Qu’est-ce qu’est cette finance qui nous entoure au point de nous étouffer ? Quelle est sa force réelle ? En quoi réside sa capacité d’influence ? D’où vient sa domination et comment pouvoir s’en extirper ? Et répondre à ces questions, c’est d’abord s’interroger sur le lien qui unit ou non cette finance, lieu de centralisation du capital-argent, et le développement capitaliste, qui a besoin de ce capital pour croître indéfiniment et assouvir la soif de profit des entreprises, de leurs dirigeants et de leurs actionnaires. C’est aussi se demander si la crise, dont nous subissons encore les effets à travers les divers plans d’austérité à répétition, est seulement financière ou si elle n’implique pas tout un système plus large et plus profond.

Henri Houben est économiste et chercheur au Gresea, membre d’AB2 et auteur du livre La crise de trente ans : La fin du capitalisme ? paru chez ADEN en 2011.

Histoire du mouvement ouvrier belge — Julien Dohet / 11 et 12 août

Saviez-vous que la grève générale est une vieille tradition du mouvement ouvrier belge ? Lénine et Rosa Luxembourg admiraient la Belgique pour ce puissant moyen de lutte.

Saviez-vous que malgré sa division en trois syndicats (FGTB, CSC et CGSLB), la classe ouvrière belge est l’une des plus syndiquées au monde ?

Saviez-vous que la lutte la plus importante des travailleurs belges entre 1910 et 1921 était celle pour la journée des huit heures (d’où le nom de Maison des huit heures) ?

« L’émancipation de la classe ouvrière doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. » Cette célèbre formule a été inscrite par Karl Marx dans les statuts provisoires de l’Association internationale des travailleurs.

L’historien et militant syndical Julien Dohet nous invite à découvrir, à travers l’histoire des luttes du mouvement ouvrier belge, comment les conquêtes sociales et démocratiques ont été arrachées. Une formation qui encouragera aussi à la réflexion sur les moyens de les défendre aujourd’hui…

Julien Dohet est historien de formation et administrateur à l’IHOES.

Le changement climatique — Xavier Desmit & Alexis Merlaud / 12 août

Xavier Desmit nous décrira les principaux courants océaniques, dont le Gulf Stream, et leur fonction de répartition de la chaleur à travers le globe. Il nous parlera aussi du cycle de l’eau au travers de l’exemple de l’ouragan Katrina en 2005. Il développera le lien entre les cycles de vie du fond de l’océan, du désert du Sahara et de la forêt amazonienne. Enfin, il expliquera les effets de l’activité humaine sur les écosystèmes marins, comme l’acidification des océans.

Quant à Alexis Merlaud, après une introduction sur l’histoire du climat, il nous fera partager les résultats de son travail de recherche quotidien : les mesures optiques de la pollution atmosphérique.

Alexis Merlaud est chimiste et travaille à l’Institut d’Aéronomie Spatiale de Belgique.

Xavier Desmit est chercheur en écologie marine à l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique.

La ville est un champ de bataille — Alice Romainville & Mathieu Van Criekingen / 11 août

La pression monte sur les quartiers centraux d’habitat populaire. Au centre de Bruxelles comme dans quantité d’autres villes, ces quartiers appauvris, dépréciés et stigmatisés paraissent à présent convoités de toutes parts. Des nouveaux logements haut de gamme sortent de terre, des commerces « branchés » ouvrent leur portes, des entreprises « innovantes » s’installent et les gouvernants s’activent à faire « renaître » des portions de la ville qu’ils croyaient « oubliées ». En ce début de 21e siècle, les quartiers centraux d’habitat populaire semblent bien devenus de nouveaux objets du désir capitaliste.

D’où viennent, par où passent et qui portent ces convoitises ? Quel est le rôle des promoteurs et des investisseurs ? De ceux que beaucoup appellent « bobos » ? De la puissance publique ? Et comment les habitants et les activités ordinaires des quartiers populaires s’en sortent-ils face à ces pressions ? Au final, les questions ne manquent pas pour ceux qui veulent chercher à comprendre cette gentrification en cours des quartiers populaires et s’y opposer.

Alice Romainville est chercheuse au laboratoire de géographie humaine à l’ULB. Sa thèse de doctorat, défendue en 2015, s’intitule La production capitaliste des logements à Bruxelles.

Mathieu Van Criekingen est géographe, enseignant-chercheur à l’Université Libre de Bruxelles. Par ailleurs, il milite à Inter-Environnement Bruxelles et est également administrateur de l’Union de locataires d’Anderlecht-Cureghem.

Poésie et engagement — Francis Combes & Éric Piette / 8 août

« Poésie et révolution », avant-dire par Francis Combes :

Le 20e siècle a été le siècle des poètes communistes. Aragon, Eluard, Maïakovski, Brecht, Neruda, Hikmet, Ritsos, Vallejo, Alberti, Guillen, Darwich, Aï Tsing… le nombre des poètes qui a un moment de leur vie (ou toute leur vie) ont été liés au combat pour le socialisme et le communisme et la place qui fut la leur dans l’histoire de la poésie mondiale, justifient cette affirmation qui peut sans doute en étonner certains. On s’interrogera sur les raisons qui expliquent ce phénomène, mais plus encore sur ce que ces poètes, dans leur diversité, ont apporté au combat collectif. Ce sera l’occasion de réfléchir sur la fonction sociale du poète et de la poésie. Ce qui est en jeu, à travers elle, c’est à la fois cette aventure particulière du langage que suppose toute grande poésie, mais aussi le devenir de notre sensibilité et de notre conscience, la poésie, à mes yeux, n’étant pas seulement un art du langage mais une forme de la conscience sensible.

Aborder ce sujet conduit à réfléchir au rapport entre la « vérité pratique » et « l’utopie concrète » (comme disait le philosophe marxiste Ernst Bloch), le réalisme et l’irréalisme, le matérialisme et l’idéalisme, qui, dans le domaine esthétique, entretiennent des relations particulières. C’est aussi, par là-même, s’interroger sur ce qu’on pourrait appeler, dans une optique tout à fait matérialiste, « la dimension spirituelle » du communisme.

La révolution poétique initiée par Rimbaud et prolongée par les avant-gardes du début du siècle avait fait du mot d’ordre de « changer la vie », la tâche même de la poésie. Pour beaucoup, cette transfiguration de la vie devait passer par la libération du désir, de l’inconscient et du langage. Les poètes communistes ont participé à cette aventure mais ils ont aussi cherché à la dépasser. Il y a, pour reprendre le titre d’Éluard, une « leçon de morale » non seulement de la révolution poétique du 20e siècle, mais, au sein de cette révolution, précisément de la poésie que l’on dit « engagée ».

On essayera aussi d’aborder les problèmes spécifiques que pose cette poésie et qu’il ne s’agit pas d’esquiver.

Mais, quelles que soient les personnalités, les tempéraments et les esthétiques diverses (et parfois tout à fait opposées) de ces poètes, tous ont eu à prendre en compte le drame de la condition humaine, dans les conditions de la société capitaliste, et sa transformation possible. Tous ont développé des valeurs en grande partie nouvelles au regard de la tradition poétique : la fraternité, la solidarité, l’espérance humaine, valeurs liées aux nécessités du combat. Dans le même temps, ils ont été conduits à donner de nouvelles formulations à quelques-unes des questions les plus universelles traitées par les poètes de toutes les époques et de tous les pays : le rapport entre lyrisme, satire et épopée, la question du malheur et du bonheur, l’attitude face à la vie et la mort, la confiance dans l’avenir et la part maintenue du mystère, et par-dessus tout peut-être, la nécessité de la réinvention de l’amour. En liant la question du bonheur individuel au combat pour le bonheur commun, ils ont donné une réponse nouvelle à la question d’Hölderlin : habiter le monde en poète.

Enfin, j’espère que cette rencontre, tirant quelques conclusions de la grandeur et des limites de cette histoire, sera aussi l’occasion d’esquisser les voies possibles, en ce début de 21e siècle, d’une poésie qui se voudrait révolutionnaire.

Francis Combes est né en 1953 en Lozère (France). Diplômé de Sciences Po Paris, il a ensuite suivi des études de langues orientales (russe, chinois et hongrois). En 1993, avec un collectif d’écrivains, il fonde les éditions Le temps des cerises, dont il a été le directeur jusqu’à la fin de 2011. Il est aussi l’un des fondateurs, en 2003, de l’association L’Autre Livre qui fédère des éditeurs indépendants. Poète, anthologiste, romancier et traducteur, sa bibliographie est impressionnante. Depuis 2011, il dirige la Biennale internationale des poètes en Val-de-Marne, et nourrit un blog intitulé « Poésie d’utilité publique ». On peut lire Francis Combes dans L’Humanité où ils tient une chronique hebdomadaire.

Éric Piette est licencié en philosophie morale à l’ULB. Il est né en 1983 et est l’auteur de deux recueils de poésie, VOZ en 2011 et L’impossible nudité en 2014. Ceux-ci lui ont valu cinq prix littéraires en Belgique francophone.

Lénine dans la révolution — Francis Combes & Guillaume Roubaud-Quashie / 9 août

L’année 1917 débute par la révolution de Février qui chasse le Tsar, porte au pouvoir un Gouvernement provisoire chargé, entre autres, de faire la paix avec l’Allemagne, de distribuer la terre aux paysans. Il ne fait rien de tout cela et l’année 1917 s’achève par la Révolution d’Octobre.

Au cours de cette année qui a changé le visage du monde et déterminé ce que sera le 20e siècle, Lénine ne cesse d’intervenir, par des articles, des discours, des lettres, des télégrammes… Ses écrits par lesquels il réagit au jour le jour aux événements et y imprime sa marque, montrent la vivacité de sa réflexion politique, sa force de conviction, alors même qu’il est parfois au départ presque seul sur ses positions, ainsi que sa formidable détermination.

Parmi les sujets que nous aborderons lors de la formation, outre l’organisation de l’insurrection et la conquête du pouvoir, nous étudierons les premières mesures sociales, la lutte pour la paix, la question du ravitaillement, l’alliance avec les paysans, les mesures draconiennes contre les spéculateurs, la question de la liberté de la presse et celle du contrôle ouvrier, qui va prendre de plus en plus d’importance dans l’esprit de Lénine.

Francis Combes est né en 1953 en Lozère (France). Diplômé de Sciences Po Paris, il a ensuite suivi des études de langues orientales (russe, chinois et hongrois). En 1993, avec un collectif d’écrivains, il fonde les éditions Le temps des cerises, dont il a été le directeur jusqu’à la fin de 2011. Il est aussi l’un des fondateurs, en 2003, de l’association L’Autre Livre qui fédère des éditeurs indépendants. Poète, anthologiste, romancier et traducteur, sa bibliographie est impressionnante. Depuis 2011, il dirige la Biennale internationale des poètes en Val-de-Marne, et nourrit un blog intitulé « Poésie d’utilité publique ». On peut lire Francis Combes dans L’Humanité où il tient une chronique hebdomadaire.

Guillaume Roubaud-Quashie, membre de la direction nationale du parti communiste français est également docteur en histoire et directeur de La Revue du projet (http://projet.pcf.fr).

Science et marxisme — Pierre Marage / 9 août

Le marxisme se veut la doctrine du socialisme scientifique, fondé sur la théorie du matérialisme dialectique et du matérialisme historique.

Dans le cours, on tentera d’abord de définir ces différents termes, selon une présentation historique, et on confrontera la démarche marxiste à celle de différents courants philosophiques (idéalisme, positivisme, mécanisme, etc.). Le cours s’appuiera sur l’histoire des sciences et sur la science contemporaine.

On discutera ensuite de la place de la science dans la société, de ses relations avec les pouvoirs et du fonctionnement des communautés scientifiques.

Enfin, on abordera la question de savoir s’il existe une « science progressiste » ou « prolétarienne », en opposition à la « science bourgeoise ».

Pierre Marage est professeur honoraire de physique et d’histoire et philosophie des sciences à l’ULB.

Amour et Capital — Mary Gabriel / 12 août

Mary Gabriel est l’auteur de la biographie Love and Capital : Karl and Jenny Marx and the Birth of a Revolution. Cette biographie de Karl Marx est sans doute la meilleure qui ait jamais été écrite sur lui.

Love and Capital suit la vie de Karl Marx, de son épouse Jenny von Westphalen, de leurs trois filles et de leur grand ami Friedrich Engels. La famille a longtemps vécu comme des réfugiés à Paris, à Bruxelles et à Londres. Marx a posé les bases du mouvement socialiste et communiste. Cette biographie éclaire l’élaboration de ses œuvres les plus importantes. Nous lisons comment cette famille militante, dépassant la pauvreté, se préoccupait surtout de l’avenir de la classe ouvrière.

Lire ce livre ou écouter un exposé de Mary Gabriel, cela ne peut que donner envie d’en savoir plus sur l’œuvre de Marx et Engels.

Ce cours est donné en anglais, avec traduction simultanée.

Mary Gabriel a étudié le journalisme aux États-Unis et à Paris et a travaillé comme rédactrice pour Reuters à Washington et à Londres.