Aperçu du programme Université marxiste été 2016

 

 Université Marxiste d'été 2016 

Du 19 au 28 août

L'accumulation mondiale du Capital— Samir Amin / 20 – 21 août.

Avec beaucoup de clairvoyance, Samir Amin écrivait au tout début des années 90, juste après la chute de l'URSS : "La mondialisation libérale reproduira en l'approfondissant la polarisation et appellera, de ce fait, les peuples des périphéries à des mouvements de rejet [...] qui ne peuvent être que massifs et violents".

Sur base de l'analyse des mécanismes de l'accumulation mondiale du capital et des modes de domination de l'impérialisme, Samir Amin nous exposera ce qu'il entend par la "déconnexion" du système capitaliste mondialisé.

Attention, ce cours est d'un niveau avancé et s'adresse à des participants ayant soit des connaissances de base en économie, soit des connaissances de base en marxisme.

Samir Amin est un économiste franco-égyptien. Il a notamment écrit sur le capitalisme, la mondialisation et les luttes anti-impérialistes. Il a enseigné aux universités de Dakar et de Paris VIII. Il est co-fondateur et dirigeant du Forum du Tiers-Monde. Ses ouvrages économiques les plus célèbres sont L'accumulation à l'échelle mondialeL'impérialisme et le développement inégalLa déconnexionL'Empire du chaos ou encore Mondialisation, comprendre pour agir.

 

La crise économique — Henri Houben / 21 – 23 août.

 

La crise actuelle, commencée en 2007 et généralisée avec la faillite de la banque Lehman Brothers en septembre 2008 est la plus grave, la plus longue depuis les années 30.

On l'a présentée comme une dérive financière, un aboutissement de la cupidité des actionnaires et dirigeants bancaires qui ont ainsi gangrené l'économie mondiale dans sa totalité.

Aujourd'hui, même des auteurs comme le prix Nobel Joseph Stiglitz, qui avait étayé cette thèse, se rendent compte que l'affaire est beaucoup plus profonde, plus prolongée, et demande des solutions différentes qu'une régulation des marchés financiers.

La récession actuelle plonge au coeur même du système capitaliste mondial. Elle en montre les aspects pervers, mais aussi les limites. Elle pose la question de la société dans laquelle on vit et de sa capacité à générer encore des progrès dans le domaine économique, technique, social…

Henri Houben est économiste et auteur d’articles sur la crise économique, notamment dans Études marxistes. Il a publié un livre sur la crise de 2007-2008 qui s'intitule “La crise de trente ans”. Il travaille au Gresea, un centre d’études spécialisé dans les relations Nord-Sud. Il est également membre d’Attac à Bruxelles.​

​Marx pour débutants — Fayçal Blidi / 26 – 28 août.

Avec des lunettes marxistes, on regarde la société autrement et on comprend comment agir. Là où les grands médias ne voient que des problèmes communautaires, le marxiste verra des travailleurs et des patrons. Contre le défaitisme, le marxiste dégagera toujours des leçons pour renforcer la lutte des travailleurs. 

Ce cours d'introduction au marxisme est tout public, ouvert à tous. Seule compte la motivation pour comprendre le monde et le changer. Il sera ludique : nous utiliserons des vidéos, des bandes dessinées, des tableaux, etc. 

Fayçal Blidi est licencié en sciences économiques.

 

L'homme supercoopérateur — Johan Hoebeke / 24 – 25 août.

« La survie du plus apte », qu'est-ce que cela vous évoque ?  Les réponses pourraient être : «Darwin», «la loi  du plus fort », «l'intérêt personnel », «la compétition », «l'agression », «l'égoïsme ». «Darwin » est exact, bien sûr. Mais les autres réponses proviennent d'un malentendu historique et d'un abus idéologique. Car les espèces qui ont le mieux prospéré sont justement celles qui ont le plus collaboré. Notre survie est plus due à la copération qu'à la concurrence. Darwin lui-même l'avait constaté mais cet aspect de son œuvre n'a jamais été pris en compte à cause du darwinisme social qui avait pour leitmotiv l'égoïsme et le racisme pseudo-scientifique. Non, nous ne sommes pas les loups affamés de profit décrits par les  économistes néolibéraux. Marx et Engels ont exécré  le darwinisme social de la théorie de l'évolution.

Cette formation collabore à la construction d'une culture contre-hégémonique dans la lutte des idées contre la vision néolibérale du monde , pour une vision progressiste basée sur la solidarité.

Johan Hoebeke a été chercheur à la Vrije Universiteit Brussel avant de rejoindre le CNRS où il continua ses recherches en immunologie moléculaire à Paris, à Göteborg, à Tours et enfin à Strasbourg. Depuis sa retraite, il se consacre à l'étude de l'histoire des théories de l'évolution.

 

Les théories du complot — Nabil Boukili & Michel Collon / 19 – 20 août.

Deux conceptions du monde se disputent la critique du libéralisme.

L'une est réactionnaire, l'autre révolutionnaire. L'une défend la révolte des nations contre «l'Empire », l'autre veut unir les travailleurs du monde entier contre la domination des capitalistes. La première voit partout des complots et des réseaux d'élites, là où la seconde analyse des luttes de classes.

Théories du complot contre marxisme. Quelles sont les conséquences pratique et politique de chacune de ces théories ? Les théories du complot estiment que l'oppression des travailleurs est inévitable et éternelle, tandis que le marxisme s'assigne pour but de mettre fin à l'exploitation de l'homme par l'homme.

Nabil Boukili travaille aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. Il a fait des études de langues et littérature orientales à l'Université Libre de Bruxelles.

Michel Collon est écrivain et journaliste, fondateur du site Investig'Action. Il est auteur de plusieurs livres dont Attention, médias ! et Libye, Otan et médiamensonges.

 

La lutte des idées selon Marx, Lénine et Gramsci  — Vincent Duthoy / 19 – 20 août.

L'hégémonie ou la domination culturelle d'une classe sociale sur le reste de la société est un thème qui a été fort étudié par de grands penseurs marxistes. Tels Marx dans L'idéologie allemande, Lénine dans Que faire ?  ou Gramsci dans ses Cahiers de prison.

Ce cours abordera les enjeux de la lutte des idées, ainsi que le rôle de l’État, des médias et des intellectuels dans ce combat. 

Vincent Duthoy est  un collaborateur de l'Université marxiste.

 

Une autre croissance ? — Jean-Marie Harribey / 23 – 24 août.

Doctrine officielle des organisations internationales, le développement durable, est assimilé par certains économistes à la croissance et à ses dégâts. Or n’est-ce pas plutôt à une dissociation des deux qu’il faut travailler ? En effet, le mot d’ordre de décroissance peut-il s’appliquer, à la fois, aux pays pauvres démunis de l’essentiel et aux pays riches ?Ce débat, qui traverse aussi le mouvement altermondialiste, ramène à une nécessaire critique du système économique actuel : le capitalisme.

Le cours reviendra également sur les notions de travail productif, ainsi que celles de biens publics, collectifs et communs et d'une économie fondée sur la gratuité.

Jean-Marie Harribey est un économiste français, professeur agrégé de sciences économiques et sociales et ancien maître de conférences à l'Université Montesquieu à Bordeaux. Il a également été coprésident d'Attac-France de 2006 à 2009. Depuis, il co-préside le Conseil scientifique d'Attac.

 

Tout savoir sur le TTIP — Bruno Poncelet / 26 août.

Alors que les négociations du TTIP, pour créer un marché transatlantique avec les États-Unis, ont débuté officiellement en 2013, Bruno Poncelet suit ce dossier depuis… 2009 ! Dans ce cours, il reviendra sur les enjeux sociaux, écologiques et démocratiques du TTIP ; il expliquera en quoi les accords de « libre-échange » offrent aux multinationales un droit au « shopping législatif » pour détricoter les législations sociales les plus avancées ; il reviendra également sur le bras de fer opposant partisans et opposants du TTIP (et du CETA conclu entre l’Union européenne et le Canada).

Bruno Poncelet est anthropologue de formation. Il travaille au CEPAG en tant que formateur syndical. Il anime également la plateforme www.no-transat.be (lancée en 2011 pour dénoncer le TTIP). Enfin, il publie des articles sur www.econospheres.be et a publié deux livres, dont « Europe : une biographie non autorisée » paru en 2014 chez Aden. Sa prochaine publication portera sur les enjeux du capitalisme numérique.

 

Sauver notre sécurité sociale – Mateo Alaluf / 28 août.

 

On entend parfois notre premier ministre arguer que le saut d'index et la réforme des pensions visent à préserver la sécurité sociale… Peut-on le croire ? Une enquête universitaire a prouvé que sans la moindre protection sociale (allocations de chômage, pensions, soins de santé, allocations familiales…), la pauvreté affecterait 40 % de la population. Aujourd'hui, 15 % en souffre.

Le professeur Mateo Alaluf étudiera avec nous la structure, le financement et les enjeux d'une réforme de notre sécurité sociale qui est un modèle de solidarité. Les allocations de chômage, les pensions, les soins de santé et les allocations familiales sont des droits et ne peuvent être seulement considérés comme des coûts. On ne cesse de nous répéter que le déficit de la sécurité sociale est intenable, mais pourquoi y a-t-il un déficit ? Et qui doit le combler ?

Mateo Alaluf est sociologue, Docteur en sciences sociales et professeur ordinaire à l'Université libre de Bruxelles, spécialiste des questions relatives à l'emploi, à la qualification du travail et aux rapports entre formation et emploi.

 

Mais où est donc passée la classe ouvrière ? — Julian Mischi / 28 août.

 

Les ouvriers sont le plus souvent perçus comme des figures du passé ou des figures étrangères, travaillant en Chine ou au Bangladesh. Il est vrai que la classe ouvrière s'est réduite depuis les années 1970, mais elle représente encore 23 % de la population active française.

On constate souvent que de l’affaiblissement des organisations ouvrières, on conclut trop rapidement à la fin des ouvriers, dont l’image est associée aux bastions industriels et aux conflits sociaux. Comment expliquer cette distorsion des représentations avec la réalité ?

En partant de l'exemple français, Julian Mischi nous montrera que la population ouvrière reste importante, même si sa composition interne change — tout comme ses conditions de vie et de travail.

Julian Mischi est un universitaire français, sociologue et politiste, chercheur au département des sciences sociales de l'Institut national de la recherche agronomique à Dijon. Il a notamment écrit Servir la classe ouvrière. Sociabilités militantes au PCF en 2010 et Le Communisme désarmé. Le PCF et les classes populaires depuis les années 1970 en 2014.

 

La mentalité « Tintin au Congo », c'est vraiment fini ? — Guy Vanthemsche, Bambi Ceuppens, Olivia Rutazibwa, Tony Busselen / 27 – 28 août.

Ce cycle de 4 cours donnés par 4 orateurs différents, a pour ambition de revenir sur les causes, l'histoire et la persistance des mentalités et des comportements (néo-)coloniaux.

Guy Vanthemsche, historien à la Vrije Universiteit Brussel, spécialiste du Congo. Il interviendra le matin du 27 août sur "La Belgique au Congo avant et après l'indépendance : un enjeu pour les milieux d'affaires belges".

Bambi Ceuppens, anthropologue au Musée Royal de l'Afrique Centrale à Tervuren. Elle viendra l'après-midi  du 27 août, nous parler du "Congo en Belgique avant et après l'indépendance : persistance de la mentalité coloniale à travers la “mission civilisatrice” de la Belgique au Congo".

Tony Busselen, auteur d'Une histoire populaire du Congo. Il viendra le matin du 28 août pour aborder les "Résistances congolaises au colonialisme et au néo-colonialisme".

Olivia Rutazibwa est docteur en sciences politiques, elle travaille à l'université de Portsmouth. Elle reviendra l'après-midi du 28 août sur l'Héritage colonial et racisme ordinaire en Belgique aujourd'hui".

 

Qu’as-tu appris à l’école ? — Jean-Pierre Kerckhofs & Nico Hirtt / 25 – 26 août.

On parle beaucoup de citoyenneté à l’école. Mais à quoi sert  l’école  ? A quoi devrait-elle servir ? Ces questions seront abordées pendant les deux journées de formation.

Jour 1 : Critique de l’école  capitaliste. Les formateurs présenteront l’histoire de l’école  sous le capitalisme. Pourquoi a-t-elle été mise en place ? Ses fonctions  ont-elles changé au cours du temps ? Pourquoi les attentes de la bourgeoisie  ont-elles changé  ? Actuellement, de fortes pressions sont exercées sur l’école  parce qu’elle serait inadaptée à notre société. Ce raisonnement est-il correct ?

Jour 2 : Quelle est la conception marxiste de l’école  ? Quels objectifs assignons-nous à l’école  aujourd’hui ? Pourquoi voulons-nous un enseignement polytechnique ? Comment une telle formation   pourrait-elle  être mise en place  ? Pourquoi la formation dite «générale» est-elle importante ?

Quelles sont les marges de manœuvre dont nous disposons aujourd’hui pour avancer dans cette direction  ?. 

Nico Hirtt, auteur de nombreux livres et articles sur l'enseignement. Parmi ceux-ci, L'école prostituée ou Je veux une bonne école pour mon enfant ! Nico Hirtt est enseignant à la retraite, membre fondateur de l'Appel Pour une Ecole Démocratique (Aped) et co-auteur du livre Qu'as-tu appris à l'école ?

Jean-Pierre Kerckhofs, enseignant dans le secondaire, membre fondateur et président de l'Appel pour une Ecole Démocratique (Aped), ainsi que président de la CSC Enseignement de Bruxelles. Il est co-auteur du livre Qu'as-tu appris à l'école ?

 

Néolibéralisme : Adieu quartiers populaires ? — Mathieu Van Criekingen / 22 août.

La pression monte sur les quartiers centraux d’habitat populaire. Au centre de Bruxelles comme dans quantité d’autres villes, ces quartiers appauvris, dépréciés et stigmatisés paraissent à présent convoités de toutes parts. Des nouveaux logements haut de gamme sortent de terre, des commerces « branchés » ouvrent leur portes, des entreprises « innovantes » s’installent et les gouvernants s’activent à faire « renaître » des portions de la ville qu’ils croyaient « oubliées ». En ce début de 21ème siècle, les quartiers centraux d’habitat populaire semblent bien devenus de nouveaux objets du désir capitaliste. 

D’où viennent, par où passent et qui portent ces convoitises ? Quel est le rôle des promoteurs et des investisseurs ? De ceux que beaucoup appellent « bobos » ? De la puissance publique ? Et comment les habitants et les activités ordinaires des quartiers populaires s’en sortent-ils face à ces pressions ? Au final, les questions ne manquent pas pour ceux qui veulent chercher à comprendre cette gentrification en cours des quartiers populaires, et s’y opposer. 

Mathieu Van Criekingen est géographe, enseignant-chercheur à l’Université Libre de Bruxelles. Par ailleurs, il milite à Inter-Environnement Bruxelles et est également administrateur de l'Union de Locataires d’Anderlecht-Cureghem.

 

L'écologie à Cuba — Liza Lebrun / 22 août.

Ce n'est pas un hasard si Cuba est nommé "premier État durable du monde" par le WWF. Ceci a tout à voir avec son projet de construction d'une société socialiste. Comment associer écologie et socialisme ? Dans cette formation, nous verrons, en analysant des projets concrets à Cuba et en approfondissant un peu son histoire, comment Cuba obtient les meilleurs indices de développement durable au monde.

Liza Lebrun est diplômée en histoire contemporaine à l’ULB et étudiante en sociologie à l’UCL.

 

Arts et engagement : Brecht et Verhaeren —  Patrick Bebi & Rik Hemmerijckx / 25 août.

En 1893, Émile Verhaeren entame une trilogie sociale avec la publication des Campagnes hallucinées (1893), des Villes tentaculaires (1895) et d’une pièce de théâtre Les Aubes (1898). Dans ces recueils, Verhaeren évoque le déclin de la campagne traditionnelle et l’avancée incessante de la grande ville. Les Aubes présente l’utopie sociale et la force d’un mouvement de masse. Verhaeren a sympathisé sa vie durant avec le mouvement socialiste.

Bertolt Brecht est le type même de l’artiste engagé, l’un des grands théoriciens et praticiens d’un théâtre politique, marxiste revendiqué, fondateur du Berliner Ensemble en République démocratique allemande. Selon lui, une pièce est politique non quand elle a un thème politique, mais quand elle « adopte une attitude politique : le plaisir à transformer les choses, politiques aussi bien que privées ». Parmi ses pièces les plus connues, on trouve L'Opéra de quat'sous, La Mère et La Résistible Ascension d'Arturo Ui.   

Patrick Bebi est comédien et metteur en scène, diplômé de l’Ecole d’Art dramatique du Conservatoire de Liège.

Rik Hemmerijckx, docteur en histoire, est conservateur du musée Émile Verhaeren à Sint-Amands.

 

1966 : La grève des femmes à la FN — Maxime Tondeur / 23 août.

Depuis 50 ans , la grève des femmes de la Fabrique Nationale à Herstal est devenu le symbole presque mondial de la lutte pour l'égalité salariale entre les femmes et les hommes au travail.

Même si l'affiche « A travail égal salaire égal » a fait le tour du monde, et est en quelque sorte devenue la carte de visite de la grève, le courant de gauche qu'elle y a représenté , aussi bien parmi les ouvrières que dans la solidarité autour de la grève, est largement occulté . 

Pourtant, il fait bien partie de l'histoire de la gauche ouvrière de cette époque. Cette formation reviendra sur ce grand moment dans l'histoire des luttes ouvrières et sur le rôle du particulier qu'y a joué le parti communiste. 

Maxime Tondeur édite le blog "ROUGEs FLAMMEs sur l'histoire des luttes sociales et démocratiques en Belgique.

 

Océans, atmosphère et changement climatique — Xavier Desmit & Alexis Merlaud / 19 août.

Xavier Desmit nous décrira les principaux courants océaniques, dont le Gulf Stream, et leur fonction de répartition de la chaleur à travers le globe. Il nous parlera aussi du cycle de l'eau au travers de l'exemple de l'ouragan Katrina en 2005. Il développera le lien entre les cycles de vie du fond de l'océan, du désert du Sahara et de la forêt amazonienne. Enfin, il expliquera les effets de l'activité humaine sur les écosystèmes marins, comme l'acidification des océans.

Quant à Alexis Merlaud, après une introduction sur l'histoire du climat, il nous fera partager les résultats de son travail de recherche quotidien : les mesures optiques de la pollution atmosphérique.

Alexis Merlaud est chimiste et travaille à l'Institut d’Aéronomie Spatiale de Belgique.

Xavier Desmit est chercheur en écologie marine à l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique.

 

Luttes et conquêtes du mouvement ouvrier belge de 1885 à 1936 —– Julien Dohet / 20 – 21 août. 

Saviez-vous que la grève générale est une vieille tradition du mouvement ouvrier belge ? Lénine et Rosa Luxembourg admiraient la Belgique pour ce puissant moyen de lutte.

Saviez-vous que malgré sa division en trois syndicats (FGTB, CSC et CGSLB), la classe ouvrière belge est l’une des plus syndiquées au monde ?

Saviez-vous que la lutte la plus importante des travailleurs belges entre 1910 et 1921 était celle pour la journée des huit heures (d’où le nom de Maison des huit heures) ?

L'émancipation de la classe ouvrière doit être l'œuvre des travailleurs eux-mêmes. » Cette célèbre formule, inscrite par Karl Marx dans les statuts provisoires de l'Association Internationale des Travailleurs.

L'historien et militant syndical Julien Dohet nous invite à découvrir, à travers l'histoire des luttes du mouvement ouvrier belge, comment les conquêtes sociales et démocratiques ont été arrachées. Une formation qui encouragera aussi à la réflexion sur les moyens de les défendre aujourd'hui... 

Julien Dohet est historien de formation et administrateur à l'IHOES.

 

La Révolution française —– Sophie Wahnich / 25 août. 

Pour l'historienne Sophie Wahnich, revenir sur la Révolution française entre 1789 et 1794,  c'est une manière de nous redonner du courage dans une époque de pessimisme ambiant.   Selon elle toujours, « faire la révolution, c’est avoir le courage de sortir de règles du jeu qui sont devenues indiscutables. C’est vouloir l’extraordinaire et cela suppose un espace mental et culturel commun, constitué en amont. Or cet espace commun n’existe plus. » Reste donc à le reconstruire.

Elle se propose donc de revenir sur cet esprit de la Révolution qui imprègne les déclaration des droits de l'Homme et du citoyen, celle de 1789 et surtout celle de 1793. Sur le vécu de ses acteurs les plus illustres, comme Robespierre ou Marat, et sur celui des masses de travailleurs qui l'ont animée. Déconstruire les mythes qui l'avilissent, comme ceux qui voudraient n'y voir que violences ou accident de l'histoire.

Sophie Wahnich est docteure en histoire, chercheuse au CNRS et spécialiste de la Révolution française.

 

 

Histoire du jazz — Simon de Beer / 26 août.

Dérivé des chants blues des esclaves noirs, le jazz s'impose au début du 20e siècle comme la musique populaire par excellence. Pour beaucoup de musiciens noirs, le jazz est alors un moyen d'émancipation sociale. Dans les États-Unis en crise des années 1930, rejoindre les grands orchestres de Louis Armstrong ou Duke Ellington est une façon de gagner sa vie en divertissant le public blanc. Dans les années 1940, une génération de jeunes musiciens s'opposera à cette trop grande « commercialisation » du jazz. Ce sera la naissance du bebop, un style beaucoup plus complexe et réservé à un public d'initiés. Finalement, le jazz sera aussi un formidable outil pour lutter contre la ségrégation raciale, avec des chansons comme Strange Fruit de Billie Holliday, qui décrit les lynchages dont étaient régulièrement victimes les Noirs du Sud des États-Unis.

Simon de Beer est professeur de français de formation, il a grandi dans une famille de musiciens. Il a étudié la batterie et s'est rapidement passionné pour le jazz. Après avoir enseigné quelques années, c'est finalement à l'engagement politique qu'il a choisi de se consacrer. Cette formation sera pour lui l'occasion de revenir sur ses deux passions : la musique et la politique.

 

Le marxisme et les défis du mouvement LGBT+ — Loïc Fraiture & Arne Nouwen / 27 août.

Quest-ce que le mouvement LGTB+ ? Où en est l'homo-lesbo-trans-phobie dans notre pays ? Les orateurs, militants engagés, nous ferons part de leur expérience et de leur analyse de l'état actuel des luttes d'émancipation des homosexuels et transgenres en s'attachant à leurs aspects historiques.

Ils nous parlerons de l'histoire, mais aussi des défis auxquels est confronté ce mouvement aujourd'hui – comme par exemple les tentatives de récupération du gouvernement israélien ou de la Ville d'Anvers par “pinkwashing”. Quelle position adopter à gauche ?Comment ne pas tomber dans le piège tendus par la droite qui ratisse large pour gagner des soutiens à sa politique néolibérale et austéritaire ?

Loïc Fraiture et Arne Nouwen sont activistes au MIX qui est le groupe de travail LGBT+ du PTB.

 

Comment combattre DAECH ? — Marc Botenga / 21 août.

Depuis les attentats de Bruxelles, le Moyen-Orient s'est invité au coeur du débat politique. Nos gouvernement entend éliminer le groupe terroriste Daech à coups de bombes. Cette approche est-elle réaliste et y a-t-il des alternatives? Afin de répondre à cette question, le cours analysera les origines de Daech, ses soutiens et sa doctrine. 

Marc Botenga est un spécialiste du Moyen Orient. Il a notamment écrit deux articles dans la revue Études marxistes L’État islamique au-delà du Moyen Orient et Syrie : Révolte ou intervention.

 

Poésie et engagement — Eric Piette / 27 août.

Cette journée de formation s'articulera autour de trois axes :

- une petite histoire de la poésie engagée.

- une présentation de l’œuvre de l'orateur.

- un atelier d'écriture, parce que pour changer le monde il faut communiquer, et communiquer passe par la maîtrise de la langue. Bien écrire, bien parler, ça s'apprend, comme tout d'ailleurs...

Eric Piette est licencié en philosophie morale à l'ULB. Il est né en 1983 et est l'auteur de deux recueils de poésie, VOZ en 2011 et L'impossible nudité en 2014. Ceux-ci lui ont valu cinq prix littéraires en Belgique francophone.

 

Socialism with Chinese Characteristics — Zhao Zhikui / 22 augustus.

Le cours sera donné en anglais.

This guest seminar will focus on the theme of Socialism with Chinese Characteristics. This concerns the official Chinese view on how socialism should be understood and implemented in the current conditions of the People's Republic of China. The invited guest speaker comes especially for this seminar all the way from China.

ProfZhao Zhikui is a director and professor at the Academy of Marxism, which is part of the famous Chinese Academy of Social Sciences. He obtained his professional doctorate on Marxistphilosophy, and has lectured abroad in the Soviet Union, Vietnam, Germany, Japan, the US andRussia.